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Notre société se questionne : d’où vient ce que nous mangeons ? A creuser l’affaire, nous entendons rapidement des critiques de l’agriculture qui fait convention : problèmes environnementaux, baisse de la qualité nutritive…bref, pas terrible tout ça ! Mais pour comprendre et agir efficacement, il faut aller un peu plus loin.

Un objectif dans cet article : comprendre l’histoire de l’agriculture pour bien répondre aux enjeux actuels.

 

Un regard sur l’histoire

10 000 avt J.C (fin de l’ère glacière) : c’est à cette période qu’on estime remonter le début de l’agriculture et de l’élevage dans le Croissant Fertile (Proche-Orient), zone favorable à la culture de céréales.

A présent, passons à la découverte de l’histoire agricole de notre beau pays.

Du VIIème au XIIIème siècle : Après la période des raides des tribus germaniques et des arabes, le royaume s’organise (Charlemagne créé une monnaie stable en 794) et les terres deviennent plus rentables, avec des améliorations agricoles (excédents fréquents grâce aux moulins à eau, pressoir…), innovation dans l’énergie (éolien, métallurgie, hydraulique, sylvicole…).

Du XIIIème au XVIIIème siècle : l’agriculture repose sur l’assolement triennal, c’est à dire que les champs supportent successivement deux types de plantations, puis sont laissés en jachère (sans culture, mais souvent utilisés comme pâturage pour les animaux) une année afin que les sols retrouve leur fertilité.

Du XIXème au XXème siècle : naissance et développement de l’industrie, dont des inventions phares pour l’agriculture et l’alimentation (ex: boite de conserve en 1810, chemin de fer en 1830, moissonneuse-batteuse en 1834…). Des changements importants apparaissent : augmentation de la productivité (notamment par la sélection et le croisement des espèces pour augmenter les rendements, l’invention et l’utilisation croissante des engrais chimique, début de la mécanisation de l’agriculture), croissance des villes, extension des espaces cultivés.

A partir de 1945 : Au lendemain de la guerre, l’Europe connaît une forte croissance démographique. Il faut que la population mange à sa faim. L’agriculture y répond et change de visage : diminution du nombre d’exploitations et extension des espaces cultivés – phénomènes favorisés par une industrialisation massive (accroissement de la mécanisation, utilisation des produits de synthèse, spécialisation des semences…).

1962 : En Europe, le système agricole s’organise avec la mise en application d’une Politique Agricole Commune (PAC) qui acte 2 enjeux : les USA soutiennent l’agriculture européenne par le plan Marshall mais conserve le monopole des cultures de soja (et autres plantes riches en protéines), et autorise par là-même la constitution de stocks sur certains produits (grâce à la surproduction) ; c’est le basculement vers le marché mondial de l’agro-alimentaire.

1965 : Aux États-Unis, la biologiste R. Carlson publie  “Le printemps silencieux”, où sont dénoncés pour la première fois  les désastres d’une  agriculture chimique sur les sols, les espèces animales et les humains. Ce best-seller suscite auprès des représentants politiques et de l’opinion publique une prise de conscience considérable donnant naissance aux premiers mouvements écologistes.

Depuis les années 70 : Deux conceptions de l’agriculture divergent, entre une gestion toujours plus technique en vue d’une productivité accrue (la technique répondrait à l’ensemble des enjeux) et une agriculture plus paysanne privilégiant des techniques moins mécanisées et  visant un respect des lois naturelles. Il existe bien sûr des intermédiaires !

30 juin 1992 : baisse des prix de vente des produits alimentaires avec une compensation via des aides (évolution de la PAC).   Nouvelle réforme en 2007 : les aides sont attribuées en fonction du respect des normes environnementales, afin de soutenir la productivité pour  développer l’export de marchandises.

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Actuellement : enjeux et ouverture

De nombreux enjeux sont à relever ensemble pour allier agriculture respectueuse de l’environnement et de l’Homme et une alimentation équilibrée !

Des avancées superbes ont été réalisées sur le plan de la santé (augmentation de la durée de vie, moins de famine…), des relations sociales (essais pour trouver des solutions communes aux enjeux actuels), de l’agriculture (développement d’agricultures raisonnées et alternatives), de l’environnement (connaissances accrues de la connaissance des sols, des espèces végétales…) et bien sûr de société : si nous avons des vacances, elles sont possibles par l’évolution agricole !

Cependant, nous faisons plus que rencontrer les limites de notre système.

Dans la santé, des maladies très spécifiques apparaissent et nous constatons une baisse de la qualité nutritive des aliments (calorie vide). L’évolution de nos modes de vie urbains nous ont coupé des rythmes naturels et du goût de la simplicité. De plus, nous gaspillons presque la moitié de notre production, sans être étranger aux problèmes de redistribution dans la monde. Notons enfin bien sûr les considérables problèmes de pollution causés aux sols, aux eaux souterraines (principalement dus à l’utilisation des pesticides) , et à la destruction de la biodiversité à laquelle nous alertait Rachel Carson : nous sommes entrés dans la 6ème grande extinction des espèces.

Pour bâtir une société durable, de nombreuses solutions sont à la portée de chacun (cf Manifeste « Changer le monde depuis sa chambre ») sans nécessairement nous transformer en gallinacés !

A mon sens, l’enjeu est de participer ensemble à un projet de société comprenant un travail sur soi (pour accueillir davantage le rythme de la nature), des changements d’alimentation dans le respect du vivant, et également de rapport aux agriculteurs (favoriser les relations avec ceux qui nous nourrissent et valoriser leur travail).

Agriculture et alimentation : société en question

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